jeudi 10 avril 2008

Medecin apres la mort


Ainsi il a fallu 2 morts et de nombreux blesses pour que le gouvernement se decide a reagir face a l'augmentation anarchique des prix.

Au lendemain d'une viree a la rue princesse en compagnie de ses amis socialistes, le president populaire se rend compte qu'il n'est pas aussi populaire qu'il le croyait. Le president si proche du peuple ne savait pas que partout dans les foyers ca grognait et que le fait de se faire acclamer par des individus ennivres, imbibes d'effluves ethyliques dans un endroit comme la rue princesse n'est pas un critere de popularite.

Bref, passons.

On se demande pourquoi avoir attendu des morts pour prendre ces decisions et quelles decisions (suppressions des droits de douane sur le riz, le savon, l'huile, le lait entre autre pour 3 mois et la reduction des droits de douane...) La hausse des prix ne date pas d'hier. Il est clair que les prix augmentent dans le monde entier mais ramener TOUT le probleme a la flambee des prix du petrole est faire preuve de mauvaise foi tant qu'on ne s'attaque pas au probleme de la corruption aussi.
Quand des commercants augmentent le prix du litre d'huile de pres de 300FCFA alors que leur fournisseur n'a fait qu'une augmentation de 42FCFA/ litre cela pose le probleme d'organes de controles et de regulation des prix. C'est a se demander s'il y a un ministere du commerce en Cote d'Ivoire. Existe-t-il une autorite pour fixer, controler et reguler les prix? Existe-t-il de l'autre cote des associations de consommateurs pour defendre valablement les droits des consommateurs? D'autre part ces mesures sont/seront-elles veritablement appliquees sur le terrain? Que fera-t-on apres ces trois mois?
Comme le dit l'economiste Senegalais Moustapha Kasse, on consomme ce qu'on ne produit pas et on produit ce qu'on ne consomme pas et rien n'est fait pour redresser le tir.
Tant que ce sera le cas l'Afrique continuera de souffrir le martyr dans ce contexte de mondialisation. Il serait peut etre temps de commencer par developper veritablement le vivrier.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

En Afrique, Manifester = Violence. Après lorsqu'il y a des victimes on parle de Medecin Après la Mort... Pour un rien on casse la voiture de Pierre ou de Paul comme s'il était à la base des augmentation des prix. On saute sur Jean pour le lincher parce que Marc l'a reconnu comme Flic... il y a certe eu des dérapages mais ils ont été des 02 côtés... Nous nous plaignons aujourd'hui que le prix des denrées alimentaires augmente. Cependant je tiens à rappeler que la Côte d'ivoire était à 80% auto suffisant en riz lors de mes études primaires et un jour l'autre a mis fin aux différents programmes alimentaires pour préférer l'importation. Motif selon lui : les bailleurs de fond l'ont demander... le projet est budgétivore... Qui parmis les Ivoiriens s'est levé pour crier... Je n'entends pas... et bien je le dis HAUT et FORT : PERSONNES. Donc assumons nos erreurs et tirons les leçons de l'histoire...

Unknown a dit…

"Comme le dit l'economiste Senegalais Moustapha Kasse, on consomme ce qu'on ne produit pas et on produit ce qu'on ne consomme pas "

Ce commentaire peut paraître comme une forte observation de la situation actuelle, mais en réalité, elle révèle un mal qui est engrainé dans l’économie africaine depuis l’époque de la colonisation.
Dans son livre « The west and the rest of us » l’écrivain nigérian Chinweizu retrace avec une énorme précision les premiers contacts entre l’Europe et l’Afrique. Contrairement au scénario popularise qui laisse croire qu’il s’agissait d’une pure invasion motivée par le racisme ou un clash de civilisation, le point central des relations était le commerce. Après la pénétration dans l’intérieur du continent, les colons se sont accaparés les lignes de commerce africaines, et ont transformé ce qui était alors un libre-échange avec les chefs africains en système de taxe et de travaux forces.
Afin de mieux servir l’empire colonial, la priorité fut placée dans la production de produits d’exportation, en d’autres termes, l’Afrique devait produire ce dont l’Europe avait besoin. Toutes les ressources humaines et naturelles étaient attribuées a l’exportation de denrées dont la France avait besoin, si bien que les terres et produits dont les Africains avaient eux besoin et consommaient étaient négligés. Cela dura pendant toute la période coloniale, au point ou a la fin de celle-ci, l’Afrique se retrouva dans une situation ou elle devait exporter presque tout de l’occident.
Malgré certains efforts, et certains produits, il semble que l’Afrique n’a jamais réussi à refocaliser son économie sur elle-même, et re-centraliser sa production pour sa propre consommation. Jusqu'à aujourd’hui, l’Afrique continue d’orienter son économie en fonction de l’exportation, et ses ressources naturelles jugées de valeur sont celle dont l’Europe a besoin. L’exemple du Zimbabwe en est la preuve, la destruction du système politique coloniale est une victoire partielle, le but de la colonisation était l’accès aux ressources pour satisfaire un empire croissant et gourmand ; si l’Afrique ne produit pas et ne fait pas des échanges qui la favorise d’abords, la flambée des prix n’est que le début.